Jeudi 11 janvier 2007 4 11 /01 /Jan /2007 10:16

A-t-on vraiment « fait le tour des indications » rappelant le nom d’Octave Mirbeau à Rémalard quand on a vu la « vague petite plaque » apposée au-dessus de la porte de la salle des fêtes de cet aimable bourg percheron ?


C’est ce que Luce Lopez affirme dans son texte diffusé sur le site de Perche-Web, et je ne vais pas entrer en guerre contre elle pour ça puisque c’est ce que j’ai moi-même écrit dans mon livre Le Perche vu par Octave Mirbeau (et réciproquement) publié par les éditions de l’Étrave, livre que Lopez a manifestement lu.


Seulement voilà… Ce qui était vrai au moment de la parution de ce livre en février 2006 ne l’est plus, en tout cas sur ce point (je n’ai rien à changer au reste). Dès le 11 mars suivant, en effet, une autre plaque, bien plus belle et plus éloquente, est venue orner l’un des piliers de la maison du Chêne Vert, port d’attache du cher Octave pendant une grande partie de sa jeunesse.


« Ici vécut l’écrivain Octave Mirbeau (1848 – 1917). Sa férocité n’avait d’égale que sa tendresse. » La mention gravée dans le cuivre de cet hommage est plus généreuse que le laconique « Salle Octave Mirbeau (1848-1917) » de la petite plaque apposée il y a bien longtemps au-dessus de la porte de la salle des fêtes du village par une municipalité plutôt avare d’informations sur ce glorieux enfant d’une vieille famille percheronne.


Sans vouloir clochemerliser le débat, on peut certes remarquer que ce retour en grâce d’un écrivain longtemps tenu à l’écart des pompes officielles émane non d’une institution publique mais des seuls propriétaires de la maison du Chêne Vert, auxquels il faut rendre hommage.


Cela dit, Jean Maignan, maire de Rémalard, n’a pas boycotté l’inauguration de cette plaque qui orne la maison du Chêne Vert. Et le même jour, le député Jean-Claude Lenoir a accueilli l’assemblée générale que la Société Octave Mirbeau (dont le siège est à Angers) avait décidé de tenir à Mortagne.


Il reste encore beaucoup à faire, mais ces signes et plusieurs autres (à Bretoncelles notamment) témoignent d’un recul de l’ostracisme manifestement infligé pendant longtemps par les élites percheronnes à Mirbeau en raison du contenu jugé dérangeant de ses écrits.


Il n’est que temps. Comme je l’ai écrit dans un texte destiné à la Société Historique et Archéologique de l’Orne, maintenir cet écrivain – de plus en plus célébré ailleurs – en lisière des reconnaissances officielles au motif (même inavoué, même simplement soupçonnable) qu’il s’en est pris à des représentants de l’armée, des jésuites, de la justice, de l’aristocratie, de la bourgeoisie, de l’art officiel, de l’enseignement, des affaires, etc. du temps de Napoléon III, de Jules Ferry et de l’affaire Dreyfus, eh bien,  une telle attitude finirait par donner une image passablement désuète non pas des élites locales du temps de la Belle Époque, mais bien de celles d’aujourd’hui.

Max Coiffait

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Par perche-web - Publié dans : Culture
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