Editions de l'Etrave : Histoires Percheronnes. Le Perche et le Perche Rémalardais sont à l'honneur

Littérature
histoires percheronnes
Résurrection de Léo Trézenik, l’oublié de Rémalard
Les trompettes de la renommée sont souvent capricieuses et celles de la postérité presque toujours ringardes. Ce double adage s’applique plus qu’à tout autre, si c’est possible, à l’écrivain Léo Trézenik (1855 – 1902), né à Rémalard. Il suffit, pour le constater, de lire ses Histoires Percheronnes (en partie cosignées par Willy, futur mari de la romancière Colette) aujourd’hui rééditées par les éditions de l’Étrave.
Drôles ou dramatiques, directement inspirés par l’âpreté, les finesses, les travers, les principes et les roueries en usage dans la société percheronne de la fin du 19e siècle, ces petits bijoux n’ont en effet rien à envier aux célèbres contes normands de Maupassant ni aux Contes de la chaumière d’Octave Mirbeau, dont le nom est aussi indissolublement lié à celui de Rémalard. Un réel souffle épique s’y déchaîne à l’occasion sur l’appât du gain, l’esprit de vengeance et un « dédain tout ecclésiastique » pour la gent féminine.
Mais qui était ce Trézenik, et comment en vint-il à s’affubler de ce pseudonyme alors qu’il s’appelait Léon-Pierre-Marie Épinette, un patronyme encore aujourd’hui très répandu dans le Perche ? Quels furent ses relations avec Octave Mirbeau devenu au fil des années son frère ennemi par romans interposés ? Quel fut (aussi) son rôle d’agitateur médiatique parisien au sein de drôles d’associations ayant pour noms les Hydropathes, les Jemenfoutistes et les Hirsutes ? Max Coiffait, déjà auteur du livre Le Perche vu par Octave Mirbeau et réciproquement, répond à ces questions dans la préface sur laquelle s’ouvrent ces Histoires percheronnes.
Il évoque aussi les autres œuvres (jamais rééditées) de Léo Trézenik, dont un « fantastique roman de mœurs et d’aventures » percheronnes, Le Magot de l’oncle Cyrille qu’il souhaiterait voir à son tour réédité.
Léo Trézenik et Willy : Histoires Percheronnes,
(Éditions de l’Étrave, 15 €)