Monuments aux morts. Avec exemple de celui de Nogent-le-Rotrou. Article transmis et écrit (pour le journal Le Perche) par André Tridon

Publié le par perche-web

 

Monumentaux-mortsNogent 

Monuments aux morts. 
Tous les villages de France en possèdent un.

Au lendemain de la «Grande guerre », la République décide d’honorer ses « Enfants morts pour la patrie ». Partout en France des monuments aux morts sont élevés. Les plus petits villages en sont pourvus. Durant cette période 36 000 édifices sont ainsi érigés.
Il existe quatre sortes de monuments aux morts : les monuments patriotiques qui sont les plus répandus. Ils sont généralement proches des mairies et des écoles et portent comme dédicace « A nos enfants morts pour la patrie ou encore morts pour la France ». Le second type est le monument funéraire que l’on retrouve surtout dans les cimetières et qui sont dédicacés « A nos enfants ; A nos morts ». Le troisième type est représenté par les monuments funéraires patriotiques. Ils se trouvent également dans les cimetières et portent comme inscription « A nos grands morts ; Gloire à nos héros ». Enfin le quatrième type, est le monument pacifiste. Placé dans les cimetières ou sur les places publiques, il ne fait aucune référence à la guerre ou à la patrie.

Une orientation précise
L’implantation des monuments n’est pas due au hasard. Généralement, les monuments aux morts sont orientés face au nord ou à l’est. Ils avaient, selon leurs concepteurs, une mission symbolique de surveillance des plaines de l’est par lesquelles, par deux fois, l’ennemi de l’époque était arrivé. Les sculptures ont, elles aussi une symbolique et expriment souvent le message que veulent faire passer leurs commanditaires : messages de reconnaissance envers les soldats morts pour la France, messages patriotiques ou encore dénonciation de la guerre.


L’exemple du monument de Nogent-le-Rotrou
Le monument aux morts de Nogent-le-Rotrou a été inauguré le 12 novembre par Henri Ville-Gaté maire de l’époque 1922 et Maurice Maunoury, ministre de l’intérieur de Raymond Poincaré. Il a été érigé en mémoire des 307 enfants de Nogent tombés pendant la Grande guerre. Il est l’œuvre de deux sculpteurs : Charles Lamichel et Henri Valette. Le monument aux morts nogentais est un monument patriotique. Il se reconnaît à deux choses : il ne porte aucun nom de soldat disparu et à sa dédicace : « Aux enfants de Nogent morts pour la France ». Le nom des 307 disparus figure sur une plaque apposée dans le hall de la mairie.
Pascal Cortot, archiviste municipal et passionné d’histoire a fait, il y a quelques années, dans le cadre des Journées du patrimoine, une description intéressante du monument aux morts. « Le bas-relief du socle postérieur (face) représente de chaque côté un soldat mort, couché sur un lit de laurier et enveloppé dans les plis d’un drapeau. C’est un symbole militaire. Le bas-relief droit montre le départ du chef de famille pour la guerre. Il confie sa maison à sa femme, à ses enfants, à sa famille. Sur le fond du décor, l’église Saint-Hilaire est représentée. Le bas-relief gauche montre une scène de moisson (symbole du renouveau après la guerre). Cette moisson est faite sur le champ où le héros est tombé. Une femme et des enfants y participent. Cette scène marque le symbole du sacrifice fécond et les espérances qu’il donne pour l’avenir. La face antérieure du bloc pour les armes de la ville. Au départ du projet, c’est la Croix de guerre qui devait y être sculptée. Cela ne s’est pas fait ». Concernant la statuaire Stéphane Cortot poursuit : « Elle représente la France sous les traits d’une femme encore jeune et maternelle. Elle accueille un soldat mourant qui s’éveille déjà à l’immortalité. Elle élève au-dessus de sa tête une palme en bronze aujourd’hui disparue. Le laurier renvoie à une double symbolique. Tout d’abord chrétienne qui représente la certitude de l’immortalité de l’âme et de la résurrection des morts. Le fait d’apposer une palme de laurier marque la volonté d’affirmer que sont qui sont honorés par le monument ne sont pas morts. Leur âme continue à vivre dans le souvenir. Le laurier est aussi un symbole militaire qui renvoie à la notion de victoire ». Le monument nogentais est construit avec deux types de pierres. Le socle est en pierre d’Euville (Lorraine). Les bas-reliefs latéraux et le bloc central, ainsi que la statuaire sont en pierre blanche de Chauvigny (Vienne). Ses dimensions sont assez imposantes : hauteur 1.70 m, longueur 4.65 m, largueur 1.25 m pour le corps principal. Le cube central sur lequel repose la statuaire est composé d’un seul bloc. Quant à la statuaire, elle mesure 2.10 m de hauteur.

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Publié dans Culture

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