Les accourus (reprise d'article du blog de Patrick Desbois)

Publié le par perche-web

 
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Pays du Perche, 9 
revue de la Fédération des Amis du Perche est sorti hier.

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Son Dossier: L'accouru, ignoré du Grand Robert, s'inscrit en ces termes dans le Trésor du parler percheron*: n.m. Etranger au pays et à qui le Percheron méfiant n'accorde de prime abord sa confiance.
*Trésor du parler percheron,Fédération des Amis du Perche éditeur,1996.

   
Le  Perche, terre d'accourus par Frédéric Chéhu.

Dans ce dossier Frédéric dit: " Les néoruraux, sans conteste les accourus les plus acclimatisés. Si vous lisez Pays du Perche,vous constaterez que la plupart des agriculteurs bio, des producteurs fermiers, ceux qui travaillent en circuit court ou qui apportent une forte valeur ajoutée aux produits de la terre sont des accourus.

Pour ce dossier, nous nous sommes rendus chez Maryse et Patrick DESBOIS, éleveurs de chèvres à Saint Jean Pierre Fixte, depuis 1976.

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(photo, Frédéric Chéhu)


Etablis en région parisienne, Patrick travaillait dans l'immobilier et Maryse était laborantine en hématologie. Cette dernière ayant de la famille dans le Perche, le couple qui gagnait pourtant très bien sa vie, décide quelques années après mai 68 d'aller - au sens propre - élever des chèvres à la campagne. C'est une émission radiophonique de Pierre Bonte qui leur a donné la vocation.

 


Dans un premier temps, Maryse a continué de travailler à Paris tandis que Patrick retournait à l'école pour apprendre les métiers d'agriculteur et de chevrier. Pendant 3 ans, le couple de jeunes accourus a vécu dans un ancien bus de la RATP. La priorité, c'était les chèvres et les fromages. La maison d'habitation n'a donc été construite que bien après la chèvrerie. " On a fait rire la campagne !",se souvient Maryse.

L'intégration? Elle s'est surtout faite via les enfants. Leur fille montait à cheval et leur fils jouait au rugby. Deux ouvertures sur deux communautés locales....Le milieu agricole, en revanche, les a toujours un peu méprisés. La chèvre reste la vache du pauvre. Quant aux institutions, elles mettent toujours les accourus en photo sur leurs prospectus, mais elles ne lèvent pas le petit doigt pour les aider....C'est un peu l'image d'Epinal: l'arbre bio qui masque la forêt des grandes exploitations intensives.

Aujourd'hui, les DESBOIS sont à deux ans de la retraite. Leurs enfants ont choisi d'autres métiers. Et paradoxalement, ils ne rêvent que de retourner en ville - dans un appartement - et de voyager. Ils ont déjà presque trouvé un acquéreur pour leurs chèvres (un troupeau issu d'une longue sélection génétique et reconnu comme le meilleur troupeau de France) et acheté un appartement à Tours. Reste à vendre le foncier....et à renoncer au marché de Nogent et aux contacts sociaux qu'il procure."

                                                                                          Frédéric Chéhu




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D
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