Musée Chateau Saint-Jean à Nogent-le-Rotrou : exposition LA VIE, comme un PELERINAGE du 5 Juillet au 29 Septembre

EXPOSITION
Sophie REVAULT
La VIE, comme un PÈLERINAGE
PEINTURES, PLIS, TOILES, VOILES, INSTALLATIONS du 5 juillet au 29 septembre 2008
Le château Saint-Jean, dont la cité se trouvait sur l’une des nombreuses voies conduisant les pèlerins vers les lieux saints accueille l’artiste Sophie REVAULT et son exposition LA VIE comme un PÈLERINAGE.
L’ensemble de son travail se présente comme un parcours en 22 étapes mêlant peintures et installations. « Pour Sophie Revault la marche vers Saint-Jacques rejoint les aventures successives et multidimensionnelles (physiques, intellectuelles, philosophiques, spirituelles) de l’individu, des peuples et des civilisations à travers les siècles… La technique de superposition des toiles pliées et de voiles transparents ne vient pas seulement apporter à chaque scène le mouvement inhérent à l’effort et à la marche mais appelle le visiteur à s’interroger. » (M. Albouy)
La pratique du PLI et du VOILE élaborée dès 1994 est au centre de son travail. Dans une salle de l’exposition, Sophie Revault présente « Petite musique de Nuit » et « Complexité mesurée » nouvelles œuvres où la couleur surgit, deux ensembles créés avant et après l’exposition LA VIE comme un PÈLERINAGE. Un diaporama explore sa démarche artistique.
En préambule à l’exposition, et pour l’ancrer dans le territoire, le musée consacre un espace sur les chemins de pèlerinage dans le Perche, abordant les démarches passées et présentes liées à cette pratique : pèlerinages au Moyen Âge, voyages ou pèlerinages locaux auprès des saints guérisseurs, permanence et renouveau des pèlerinages aujourd’hui.
Édition d’un Guide de visite remis aux visiteurs.
Contacts :
Françoise LÉCUYER-CHAMPAGNE
Gwénaëlle HAMELIN
Tél/Fax : 02.37.52.18.02
Renseignements pratiques :
Ouvert tous les jours sauf le mardi
de 10 à 12h et de 14 à 18 h
Fermé les 1er /01; 1er/05; 1er/11 et 25/12
Sophie REVAULT
Son parcours
Sophie Revault, peintre et plasticienne, expose une création contemporaine dont la démarche artistique est atypique, paradoxale même.
On peut trouver l’origine de sa sensibilité dans son enfance passée en Tunisie auprès de son père, ethnographe, puis au sein de missions archéologiques en Tunisie, puis en Égypte, avec son mari Jean-Claude Golvin, archéologue. Dans ces rencontres avec des cultures différentes de la sienne, anciennes et modernes, elle a développé un intérêt particulier pour l’Autre, la poussant vers un questionnement constant qui a nourri son travail artistique.
Son premier champ d’investigation s’est porté sur les rites funéraires d’Égypte, trouvant dans les tables d’offrande l’objet-support de sa création. De retour en France, elle s’intéresse, entre autres, de 1991 à 1993, aux ex-voto romains et gallo-romains liés aux sources et aux eaux guérisseuses.
De manière récurrente, l’idée du rite de passage, notion fondamentale en ethnologie, qui fait passer l’individu d’un statut à un autre, est alors présente dans sa recherche plastique : passage de la vie à la mort vers l’au-delà, passage de la maladie à la guérison vers la renaissance, passage du passé au présent.
L’exposition
C’est le même cheminement qui anime Sophie Revault lorsqu’elle s’intéresse au pèlerinage pour une exposition à Conques l’été 2007. Elle y développe cette thématique particulière, que l’on pourrait dire être celle d’un mysticisme contemporain.
Dans cette exposition, présentée à Nogent-le-Rotrou du 5 juillet au 29 septembre 208, elle nous montre une sorte de récit de la geste du pèlerin universel que nous sommes sur cette terre ; comment le pèlerinage, réel ou fictif, par analogie symbolique, se déroule, à un moment donné de notre vie*, au cours d’une marche de libération intérieure active qui s’oppose et surmonte l’entropie sombre des Vanités.
Elle nous parle du sacré et du profane, de désir, de choix, de don, de métamorphose, de foi...
Elle se joue de notre surprise pour nous entraîner plus profondément encore dans l’œuvre jusqu’à ne faire plus qu’un avec elle et y éprouver par exemple l’animalité avec le pèlerin de « il faut l’enlever ou le remettre », l’épreuve avec La chute, la perplexité avec Le doute, le désir avec Le souffle, la mort avec Vanité, la plénitude avec Quia Fortis…
Elle joue de cet univers avec beaucoup de liberté et de diversité en passant de la peinture à l’installation, de la représentation à la présentation, le tout en 22 pièces ; avec la peinture, le pli et le voile, le dessin, l’accumulation, la couture, les créations d’objets…
Elle ne se prive pas de faire de nombreux clins d’œil à des maîtres qui ont interrogé la Matière et l’univers plastique avant elle.
LE PLI - LE VOILE
La peinture, Sophie Revault en a fait un corps d’expériences édificatrices par le biais d’une pratique du PLI et du VOILE, depuis 1994, à des fins d’expression, et entre autres, pour rendre une perspective physique éprouvée au regard.
Comme l’a si bien défini Gilbert Lascault dans le catalogue de l’exposition PORTES POUR L’AU-DELÀ. L’Égypte, le Nil et « le champ des offrandes », Sophie Revault pratique une archéologie du sentiment, tant au niveau de ses thèmes de recherche, que par la mise en œuvre de ses pratiques artistiques.
Telles des strates archéologiques qui se recouvrent les unes les autres, cachant au regard des objets et traces du temps passé, les PLIS dissimulent une partie de ce qui avait été initialement peint, nous poussant à nous interroger sur cette part cachée dans l’épaisseur de l’œuvre.
De la même manière, l’écran du VOILE rend difficile l’accès à la peinture, nous entraînant dans sa profondeur.
Sophie Revault établit une subtile adéquation entre la thématique de son exposition LA VIE, comme un PÈLERINAGE et son élaboration plastique. Le visiteur est invité à entreprendre son propre cheminement.
*« Nel mezzo del cammin di nostra vita » = « au milieu du cheminement de notre vie ».
Dante, La divine comédie, L’Enfer, chant I.
Ont contribué à ce communiqué de presse, Christiane Ponçon, plasticienne et Françoise Lécuyer, conservatrice
Sophie Revault parle de son exposition LA VIE, comme un PÈLERINAGE
« À un moment donné dans la vie nous devenons des pèlerins »
POURQUOI, COMMENT, CETTE EXPOSITION ?
Ces peintures sont destinées à Conques, à d’autres lieux de pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, aux lieux d’exposition d’art contemporain habituels.
Je suis au coeur d’une série de peintures sur le sens du pèlerinage.
Deux visions se mêlent :
- celle du déroulement du pèlerinage, aujourd’hui, concernant les croyants et les non croyants
- celle du déroulement de la vie selon la représentation imaginaire courante du parcours, avec sa progression, ses épisodes.
Plusieurs champs d’inspiration nourrissent ma démarche : la sculpture romane en particulier et ses sources, sa gestuelle ; des études sur l’art roman ; des récits de pèlerins contemporains, enfin, certaines manifestations des forces dynamiques de la psyché au cours de son évolution que j’ai pu voir dans la pratique de la bioénergie.
Je voudrais donner à voir à la manière d’un enseignement visuel, le déroulement initiatique que le pèlerinage peut amener à ces hommes et ces femmes en mouvement, en quête, vers l’espérance d’un bonheur, d’une délivrance, ou d’un dépassement.
C’est aussi en miroir, la façon dont chacun se remet en question pour aller vers plus de légèreté ou de vérité dans l’existence.
Dans cette première variation, les uns tentent d’ôter le vêtement oppressant de l’éducation, des culpabilités, du passé ; ils affrontent leurs résistances, sont en proie au doute, à la peur ; ils découvrent leurs forces en même temps que leur vulnérabilité ; mus par un élan supérieur, ils franchissent des étapes…
Sophie Revault, Juillet 2005
Pour en savoir plus consulter le site de Sophie Revault http://www.sophie-revault.com