Orne - Le Perche - "Le temps d'une journée à Moutiers-au-Perche" (article de Ouest France)

Carte postale. Un peu à la manière d'un guide touristique Ouest-France vous propose de découvrir un village de l'Orne où s'évader quelques heures.
Il est un coin du Perche où, les jours de beau temps, les habitants laissent leurs portes ouvertes à l'inconnu de passage. Il est un coin du Perche où, le printemps venu, des milliers de fleurs naissent sous les yeux des passants. Il est un coin du Perche où, toute l'année durant, les voyageurs tombent amoureux du paysage qui s'offre à eux. Il est un coin du Perche qui s'appelle Moutiers-au-Perche.
Pour vous y rendre, préférez les petites routes sinueuses de l'Orne aux départementales bondées de ceux qui n'ont pas le temps. En venant d'Alençon, pourquoi ne pas passer par Feings et rejoindre, au hasard des chemins, la forêt domaniale de Reno-Valdieu. Comme seul au monde, la nature vous guidera vers le bourg de Moutiers. Prévoir tout de même un GPS au cas où la nature serait capricieuse. Vous reconnaîtrez Moutiers à son église haut perchée. Nous sommes dans le Perche après tout. L'église Notre-Dame du Mont-Harou, à côté de laquelle vous pourrez vous garer, a été érigée au XIIe siècle, comme en témoigne la partie romane de son portail. Les gargouilles accolées à l'église se chargeront de garder votre voiture. À l'intérieur de l'édifice, des peintures ornent les murs. Une fresque du XIIe siècle, particulièrement bien préservée, constitue le trésor de la sacristie. Mais la vraie curiosité de l'église, c'est son orgue du XVIe siècle, amené avec l'extension de l'église. Un orgue qui a été restauré, grâce à la volonté d'habitants de Moutiers, et qui est aujourd'hui classé.
Moutiers, ancien monastère
Après vous être arrêté près de l'église, descendez vers le village et suivez la route à pied, direction Rémalard. Cachée dans les feuillages, l'enseigne défraîchie de la Mairie indique que vous empruntez le bon chemin. A gauche, une vielle tour de brique, ancien prieuré, marque l'histoire du village. Un peu plus loin, une bâtisse jaune conserve des souvenirs insoupçonnés. Toutes deux indiquent la présence passée d'un monastère. Le monastère où débute l'histoire de Moutiers-au-Perche.
Vers 572, saint Laumer, dans sa quête contemplative, s'arrêta dans la vallée de la Corbionne pour s'y recueillir. Tout n'est alors que marécages et forêts mais saint Laumer décide d'y construire un monastère, le monastère de Corbion, l'un des premiers de France.
Quelque temps délaissé, Corbion reste prospère jusqu'à l'arrivée des Normands, vers 853. Après avoir mis à sac la Loire, ces derniers investissent le village et pillent le monastère avant d'en brûler une partie. Au début du Xe siècle, les Normands reviennent à la charge une dernière fois et chassent les quelques religieux restant. Pendant plus de deux siècles, Corbion n'est plus qu'un village fantôme. Il faut attendre le XIIe siècle et l'ère des Rotrou pour que l'abbaye retrouve enfin sa grandeur, avec la création du prieuré. Au même moment, Corbion devient Moutiers-au-Perche, Moutiers signifie monastère, en vieux français.
La leçon d'histoire s'arrête sur les vestiges de Corbion. Dès lors vous pouvez opter pour une petite halte au restaurant La Villa Fol Avril, situé au centre du village, ou entamer une visite sportive des environs. Moutiers-au-Perche est réputé pour ses nombreuses randonnées. Quelques parcours sont d'ailleurs indiqués au départ de Notre-Dame du Mont Harou.
Pour ceux qui, séduits par le pays du Perche, souhaiteraient s'attarder quelques jours encore, le village propose plusieurs activités, essentiellement équestres (Lire ci-dessous). Pour les autres, bonne route, et rendez-vous le 17 août à la kermesse de Moutiers.
Emilie BAR.
Ouest-France