Orne - Parc naturel régional du Perche - "Le Perche remet en selle le cheval percheron" (article de http://www.lesechos.fr)

Publié le par perche-web





Commun à deux départements, l'Orne et l'Eure-et-Loir, le parc régional du Perche met à l'honneur le percheron, cet historique et athlétique cheval de trait qui sait aussi être un élégant cheval de sport et de loisirs. Une nouvelle vie semble s'ouvrir à cet animal généreux et apprécié.   

Il est l'emblème du parc naturel régional du Perche. Sa massive silhouette (son poids approche souvent la tonne) se distingue sur les documents édités à son propos. Et ils sont nombreux. Visites d'élevages, balades attelées et montées, lieux d'histoire et de référence, circuits mais aussi fêtes et concours, le percheron se conjugue sous de multiples formes. " A l'image des collines du Perche, ses formes sont rondes et généreuses. Son regard est franc, sa puissance est tranquille. Il est chaleureux et généreux, c'est l'enfant du pays ", sourit Denis Guillaume, chargé de la communication du parc.

Partagé entre deux régions, la Basse-Normandie et le Centre, le parc naturel régional du Perche, créé en 1998, s'étend sur 118 communes. A la maison du parc de Nocé, autour du superbe manoir de Courboyer, centre d'accueil et d'information touristique (plus de 38.000 visiteurs en 2007), celui qui est devenu " l'ambassadeur " du Perche est évidemment présent. Sur les 65 hectares du domaine, quelques spécimens ont élu domicile. Mais si l'animal est devenu incontournable, il n'en pas toujours été ainsi.

Aristocrate et travailleur
" Le percheron a tout connu. Les honneurs et l'oubli. On a cru, il n'y a pas si longtemps, qu'il allait disparaître à tout jamais. Fort heureusement, à la veille du XXIe siècle, une poignée d'hommes que la passion habite se sont réunis à son chevet. Décision fut prise : lui remettre le pied à l'étrier, en un mot, lui inventer un avenir ", écrit Jean-Léo Dugast, photographe et fin connaisseur du percheron, dans son livre " Sur les traces du cheval percheron " (éditions L'Etrave). Son âge d'or se situe à la fin du XIXe siècle. Il est alors exporté dans près de 20 pays. Après avoir été un animal aristocratique utilisé pour les croisades, il devient cheval de trait mais oeuvre aussi dans les transports. " A Paris comme à New York, on le voit tracter des tramways ", note Denis Guillaume. La mécanisation agricole l'entraînera ensuite dans l'oubli.

De retour depuis une vingtaine d'années, infatigable travailleur, il est devenu un remarquable sportif très en vogue. Monté ou attelé, le percheron s'adapte à de nombreuses activités telles que la traction, le débardage en forêt, l'attelage de loisir, de prestige ou de compétition et la randonnée. Sa renommée est restée internationale. Vecteur médiatique aux Etats-Unis, véritable roi au Japon lors de courses de baneï, il est présent sur les cinq continents. En France, des collectivités locales lui font même reprendre du service, comme à Saint-Pierre-sur-Dives (Calvados) où il assure du transport scolaire.

Bénéficiant d'un fort capital de sympathie, le public, demandeur, le redécouvre. " Afin de répondre aux attentes des visiteurs du Perche, le parc, à travers l'organisation d'animations liées au cheval percheron, contribue à la valorisation et au développement de la race percheronne, en partenariat avec les principales structures et associations locales qui concourent à sa promotion ", explique Hélène Benoist, chargée de mission tourisme au parc. Les offres sont variées. Outre les nombreuses visites d'élevage, de nouveaux circuits d'attelage en forêts domaniales de Réno-Valdieu (trois en 2006) et de Bellême (trois en 2007) s'ouvrent chaque année. En août et septembre, journées, fêtes et concours à travers les communes du parc sont des rendez-vous très prisés.

Avec 1.000 éleveurs en France, la filière percheronne a aussi un poids économique certain. " Nous tenons un stud-book, un registre généalogique des chevaux de pure race percheronne, depuis 1883, où 300.000 poulains ont été inscrits. La mission des éleveurs est de maintenir et de faire évoluer la race vers de nouveaux horizons ", souligne Sylvie Martz, vice-présidente de la Société hippique percheronne de France, qui fédère les syndicats départementaux d'éleveurs. Prochaine étape, le Perche aimerait maintenant bien être reconnu comme le berceau de la race.

 

PHILIPPE LEGUELTEL


http://www.lesechos.fr

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