"Leader solo" de la patrouille de France et originaire du Perche : "Tonio, du lycée Alain à la patrouille de France" (Article de Ouest France)

Originaire de Tourouvre, dans l'Orne, il sera dimanche « leader solo » de la formation au meeting aérien de Laval, en Mayenne.
Le « leader solo » de la patrouille de France a usé ses fonds de culotte sur les bancs du lycée Alain d'Alençon, et poussé au coeur du Perche. Son virus de l'aviation, il l'a contracté à L'Aigle : premier vol à 17 ans avec l'aéro-club local. Aujourd'hui capitaine dans l'armée de l'air, il est responsable du « box » arrière de la patrouille, c'est-à-dire qu'il ferme les figures.
« Comme à la guerre ! »
Antoine Monhée bondit sur ces occasions de venir s'aérer la tête au pays. « C'est la saison des cèpes, je vais y aller avec mon chien. Je décompresse plus avec les gens que j'aime bien. Rien de mieux qu'une bonne bouffe entre copains d'ici. » Son job ne lui permet pas de rentrer « à la maison » plus de 3-4 fois par an. Il n'a pas la grosse tête. Pas le style ray-bans et top gun, arrêtons le cinoche ! « Quand je retire la combinaison bleue des pilotes de la patrouille, ça redevient comme avant. Je ne me considère pas comme quelqu'un au-dessus des autres. Simplement, j'ai la chance de servir une grande dame : la Patrouille de France ! » Évidemment, les questions fusent. Agaçant, non, de parler boulot en repos ? « Je fais un métier assez confidentiel, celui de pilote de chasse, les gens sont curieux, c'est normal. »
On l'oublie souvent : les pilotes de la patrouille de France sont des soldats, pilotes de guerre. C'est le cas d'Antoine, passé par des conflits comme le Kosovo. « Aujourd'hui, un vol de démonstration, c'est comme une mission de guerre : on s'investit tout autant. Les conséquences sont les mêmes, ça peut mal se passer. On n'y pense pas sur le coup, on est hyperconcentrés sur la démo ! ». Pas de roquettes sous les ailes, mais les couleurs tricolores.
Encore un an de pur bonheur pour ce passionné, déjà « vieille tige » de la patrouille, avec quatre années au compteur. « Je fais 5 ans et ma carrière de pilote s'achèvera bientôt ». Avec tout de même près de 4 000 heures de vol. Il paraît bien jeune pour se poser. Mais les accélérations, tonneaux, loopings mettent l'organisme à dure épreuve ! « Les difficultés techniques, ce n'est rien. Le plus difficile, c'est de vivre en groupe toute l'année, de gérer de l'humain, pas de pousser sur le manche. »
Eric de GRANDMAISON.