Gustave Le Bon, un sociologue Percheron (de Nogent le Rotrou)
Gustave Le Bon (7 mai 1841 - 13 décembre 1931) était un psychologue social, un sociologue et un scientifique amateur français. Polygraphe, il est l'auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il aborde les théories des traits nationaux, de la supériorité d'une race sur une autre, du désordre comportemental et de la psychologie des foules.
Le Bon naît à Nogent-le-Rotrou et meurt à Marnes-la-Coquette. Son père est conservateur des hypothèques. Il effectue ses études secondaires au lycée de Tours puis fait ses études de médecine à Paris, où il obtient son doctorat en 1866.
Il parcourt l'Europe, l'Asie et l'Afrique du Nord entre les années 1860 et 1880. Il écrivit des récits de voyage, des ouvrages d'archéologie et d'anthropologie (Les Premières civilisations de l'Orient,
Le Bon participa par la suite activement à la vie intellectuelle française. En 1902, il lança une série de « déjeûners du mercredi » auxquels étaient conviés les plus grands savants. Parmi les participants, on peut trouver Henri et Raymond Poincaré, Paul Valéry ou Henri Bergson, témoignant de l'étendue de ses réseaux de relation.
Les idées incluses dans La psychologie des foules jouèrent un rôle important au début de la psychologie des masses : ainsi Psychologie collective et analyse du moi de Sigmund Freud, paru en 1921, est clairement fondé sur une critique de l'œuvre de Le Bon.
Le Bon fut l'un des plus grands vulgarisateurs des théories de l'inconscient à un moment où se formaient les nouvelles théories de l'action. Certains considèrent que ses idées concernant la psychologie des foules auraient influencé les les théories totalitaires qui émergent dans les années 1920. Le Mein Kampf d'Adolf Hitler de même que les méthodes bolchéviques s'inspireraient largement des techniques de propagande analysées dans l'ouvrage de Gustave Le Bon. En fait, Le Bon n'a fait qu'analyser ces phénomènes, ce qui peut tout aussi bien aboutir à les utiliser pour manipuler idéologiquement les foules qu'aider à s'en préserver en étant conscient de ces risques de manipulation.
Son œuvre sur la psychologie des foules devint importante dans la première moitié du XXe siècle siècle quand elle fut utilisée par des chercheurs en sociologie des média comme Hadly Cantril ou Herbert Blumer pour décrire les réactions des groupes face aux média.
Il contribua aussi aux débats en cours en physique autour de la nature de la matière et de l'énergie. Son livre L'évolution de la matière fut très populaire en France (étant réédité près de douze fois) et ce, bien que certaines de ses idées, notamment celle qui considérait la matière comme foncièrement instable et se transformant constamment et lentement en éther générateur de lumière, ne fussent pas accueillies favorablement par les savants de l'époque, notamment Henri Poincaré. En 1896, il rapporta avoir observé une nouvelle sorte de radiation qu'il appela « lumière noire » (notion différente de la lumière noire actuelle). Plus tard, on s'aperçut qu'elle n'existait pas (cf. Helge Kragh, Quantum Generations: A History of Physics in the Twentieth Century, Princeton, Princeton University Press, 1999, 11-12).
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