
L'abbaye Saint-Denis (I.S.M.H.)
« Le monastère de Saint-Denis fut fondé par Geoffroy II ( première dédicace en 1031) qui le confia aux moines bénédictins et fit adopter la Règle de saint Benoît. Les comtes du Perche resteront les bienfaiteurs de cette abbaye, mais afin d'assurer l'indépendance des moines par rapport aux moines de Saint-Père de Chartres, le monastère fut très vite transformé en prieuré, relevant directement du grand monastère de Cluny. Après deux siècles de prospérité, le prieuré tomba en décadence: l'autorité des moines fut contestée ; la guerre de Cent Ans, les guerres de Religion, la mise en commende entraînèrent le déclin progressif du prieuré à tel point qu'il fut supprimé par le pape lui-même en 1788, en même temps que bien d'autres prieurés clunisiens... Après la Révolution , la ville acquit les bâtiments pour y installer un collège, un tribunal et une prison. De nos jours, malgré un environnement inesthétique, on peut encore admirer quelques beaux vestiges (l'entrée se fait soit par la maison du Bailli, rue Saint-Laurent, soit par le porche du collège Arsène Meunier, rue Saint-Denis).

La salle capitulaire, devenue réfectoire des élèves, a conservé son allure majestueuse. De pur style gothique, avec ses croisées d'ogives retombant sur des arcs formerets, elle est divisée en trois parties par des colonnes centrales. Certaines clés de voûte sont richement décorées d'angelots ou d'écussons. Les baies vitrées ouvrent sur l'ancien cloître de forme carrée, fermé à l'ouest par le tribunal dont le rez-de-chaussée, voûté d'ogives également, devait servir de réserve au moine cellerier ou de maison des hôtes.
Quittons le réfectoire pour aller vers l'abside. Nous traversons encore une petite salle gothique (ancienne sacristie ou ancien trésor). De là, un escalier dont la rampe en bois est parfaitement conservée, permettait d'accéder au dortoir des moines. La deuxième salle, séparée de l'église par des claustras modernes, est en réalité un bras du transept.
Le plan de l'église se dessine encore bien : la basilique romane, très vaste, mesurait primitivement 76 m sur 16 m, selon un plan en croix latine, la nef étant coupée par un transept qui mesurait 34 m sur 1 0 m. Un élégant triforium du plus pur style roman court tout le long du I' étage. Le choeur du XI' s. est terminé par un chevet entouré d'un déambulatoire flanqué de trois absidioles ajoutées postérieurement et de style gothique. »
(texte extrait du « Guide Touristique du Perche et de ses Confins », ouvrage collectif édité sous la direction d’Alain Morin, disponible auprès de la Fédération des Amis du Perche, 7 place du Champ-de-Foire, 61110 Rémalard, tel : 02-33-73-81-86).
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