Intro (extrait) Thèse sur Les manoirs du Perche GAUTIER Nicolas
Les manoirs du Perche, de la fin de la guerre de Cent Ans au début du XVIIe siècle
GAUTIER Nicolas
Aux confins septentrionaux du Maine et du Vendômois, le comté du Perche est l’une des plus petites provinces que comptait la France d’Ancien Régime ; c’est aussi l’une des plus récentes qui ne voit sa création qu’au XIIe siècle, aux marches du duché de Normandie. Associé féodalement depuis l’extinction de la famille des Rotrou, comtes du Perche, au comté d’Alençon donné en apanage aux cadets de la famille royale, le Perche se distingue des territoires voisins par la présence sur son sol d’un nombre considérable de manoirs, près de sept cent cinquante, dont la (re)construction de la plupart d’entre eux après la guerre de Cent Ans témoigne d’un dynamisme local que ne laissait pourtant pas prévoir la relative modestie de son territoire, modeste par la taille qui aujourd’hui ne parviendrait pas à constituer la moitié d’un département, modeste également du point de vue agricole – l’importance de ses vallonnements et la surface de ses boisements ne permettant pas un développement cultural semblable à celui des plaines voisines de la Normandie, de la Beauce ou du Maine.
Situé à l’écart des grands axes de circulation maritimes et fluviaux d’une part et routiers d’autre part, il bénéficia cependant d’un sol et d’un sous-sol favorables, fournissant pierres, sable, chaux, argile et bois d’œuvre nécessaires à l’édification de ses manoirs et de leurs bâtiments d’exploitation agricole. La surface limitée de cette ancienne province, dotée d’une coutume propre, constitue justement un territoire de recherche aisément appréhendable, qui offre pour autant des zones d’influences aux différences très marquées.