Pierre Assouline parle de Joelle Guillais sur son blog...réaction et commentaires de Joelle Guillais.

Publié le par perche-web

L'actualité littéraire, par Pierre Assouline
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17 février 2007

Chronique de la haine ordinaire
"On pourrait le lire comme un thriller paysan si son auteur ne l’avait écrit comme un récit cathartique. La seule manière de se débarrasser d’un cauchemar vécu les yeux grands ouverts. Joëlle Guillais, historienne de formation, issue d’une famille modeste d’Alençon, publie régulièrement des essais et des romans inspirés du monde paysan quand elle ne sillonne pas la France pour animer des ateliers d’écriture. Jusqu’au jour où, dans la campagne du Perche où elle s’était installée, retapant une maison afin d’y trouver l’inspiration, le ciel lui est tombé sur la tête. Le prétexte ? Une histoire de hangar à vocation non agricole. Insultes, harcèlement, pressions, menaces. Juste de quoi la dégoûter de vivre ici. Ils l’ont emmerdée avec un sens consommé de la méchanceté, d’autant plus dévastatrice qu’elle est distillée méthodiquement. Pour appuyer leurs arguments, les hommes ont agité les fourches. Car elle avait touché la terre, leur terre à eux, de ses mains et de ses mots. On se croirait au mieux dans une querelle de voisinage qui tourne mal, au pire dans un fait divers du XIXème siècle aux confins d’un pays arriéré où les paysans font alliance avec les petits notables du cru pour pousser l’intrus à s’expulser lui-même de chez eux. On comprend alors sa colère contre “un certain pouvoir agricole” lorsqu’il s’allie au machisme à front de taureau. Ne lui restait plus qu’à exorciser tout ça à travers une chronique de la haine ordinaire, autoéditée sous un curieux titre Mauvaises nouvelles littéraires (Atelier Mot à mot, 10 euros). Si cette sale histoire transcendée par la littérature vous rappelle celle vécue et écrite par Pierre Jourde, dans le Cantal, ce n’est pas tout à fait un hasard. Pas la même région mais la même France."

Je découvre ce matin l’article de Pierre Assouline et les nombreux commentaires.

Un grand merci à Pierre Assouline et à vous tous… Je suis en vie et le livre fait sa vie.

La haine ordinaire, la violence ordinaire sont difficiles à repérer mais il importe de les combattre pour défendre la démocratie.

Dans cette affaire comme dans d’autres, les principes républicains ont été bafoués. Corruption, argent détourné, pressions et oppression se sont tricotés pour que des hommes occupant des postes importants puissent exercer des rapports de domination sur des citoyens.

- d’une part en donnant une leçon à l’administration et obliger les fonctionnaires à se soumettre à des lois non avouables.

- d’autre part, en montrant à tous, qu’il est risqué de s’opposer. Romanciers, femmes et tous les autres, voilà ce que vous risquez si vous osez...

Une leçon vite apprise et intériorisée.

Derrière l’ordinaire, derrière « le type au hangar, avide, méchant, jouissant avec sa compagne du mal fait à autrui », il y a des hommes instruits qui dirigent, donnent des ordres, à commencer par l’avocat, un homme très diplômé, etc. Qui le paye ? Pourquoi s’acharne- t- il ?

C’est le seul moyen de comprendre comment des individus exercent des rapports de domination, pour maintenir l’oppression et se maintenir au pouvoir.

Pierre Assouline n’a pas seulement défendu un auteur engagé, il soutient l’engagement littéraire... Pierre Bourdieu nous enviait, nous, les écrivains...

Un débat est urgent sur les multiples censures qui s’exercent sur nous. La censure ne vient pas seulement de cette France du bout du monde.

En effet, grâce au « miracle de la langue », nous pouvons tout dire. Et pourtant ce miracle n’échappe pas à la censure. Celle-ci est insidieuse. Elle est souvent politique, économique. Elle intervient dans les choix des mots et dans le choix des sujets. Plus grave, elle porte atteinte aux fonctions sociales de la littérature qui doivent s’exercer dans la diversité et la liberté.

Sachez que ce livre a failli ne pas être publié...

Merci à Guillaume Marsal, juriste de la Société des Gens de Lettres.

A Julien Cendres qui m’a soutenue (lui-même a été gravement touché par la censure).

JOËLLE GUILLAIS

le 19 février 2007

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